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Etude psychanalytique de la scientologie - Thèse de Thierry LAMOTE (Paris 7

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Etude psychanalytique de la scientologie - Thèse de Thierry LAMOTE (Paris 7

Post by stopsciento on Tue Jun 01, 2010 11:38 am

Etude psychanalytique de la scientologie - Thèse de Thierry LAMOTE (Paris 7 - 2007) extrait

L'église de scientologie est-elle l'oeuvre d'un paranoïaque ?
L'église de scientologie: organisation totalitaire
L'église de scientologie: organisation paranoïaque
L'église de scientologie: organisation fondée par un psychotique ?
La scientologie envisagée comme un délire pychotique

INTRODUCTION

L'ÉGLISE DE SCIENTOLOGIE EST-ELLE L'ŒUVRE D'UN PARANOIAQUE ?

I. L'EGLISE DE SCIENTOLOGIE: RELIGION, ENTREPRISE A BUT LUCRATIF, RACKET...

Au mois de mai 1950, l'écrivain de science-fiction nord américain Lafayette Ronald Hubbard publia DIANETICS, The Modem Science of Mental Health: la Dianétique, aïeule de la Scientologie, venait de naître. Elle aurait pu rester ce qu'elle prétendait alors être, à savoir une technique psychothérapeutique visant au développement personnel – une technique supplémentaire, perdue parmi une infinité d'autres, oubliées aussitôt que publiées. Il n'en fut rien: la Dianétique rencontra pour des raisons que nous analyserons dans un instant, quasiment immédiatement un succès phénoménal. Moment inaugural mais transitoire du mouvement la Dianétique se prolongea dès le mois de mars 1952 en une «philosophie religieuse» plus clairement idéologique, la «Scientologie».

Originellement pseudo-scientifique, la doctrine hubbardienne quittera ainsi bientôt le lit de la technique thérapeutique pour s'installer dans le champ de la croyance. Dans la lancée, elle convoitera immédiatement l'aura, voire le label de la religion: à partir du mois de décembre 1953, Hubbard, et ses séides entamèrent en effet les démarches visant à conférer au groupe le titre d'Eglise de Scientologie. La première Eglise de Scientologie proprement dite finit par être inaugurée à Washington en 1954, au terme de deux années d'une «conversion» produite dans l'éprouvant désordre entourant habituel- lement L. Ron Hubbard.

Ce glissement d'un registre à l'autre, de la psychothérapie vers la spiritualité forme le nœud de la problématique scientologique. L'on tend généralement à y voir la preuve de sa volonté cynique de manipulation, l'indice le plus fiable de l'escroquerie qu'elle organise sciemment à l'échelle mondiale.

Penchons-nous un instant sur ce point de focalisation qui accapare l'attention de ses détracteurs: une lecture rigoureuse de la littérature nous montrera aisément qu'en dernière analyse toutes les critiques qui la touchent proviennent de ce moment de bascule, ou s'y nourrissent. Ainsi en va-t-il de ses biographes non officiels – non «agréés», par les instances de la secte, en d'autres termes indépendants et aussi libres que le permettent les harcèlements de la secte – à qui l'on doit les travaux les plus fiables sur Hubbard.

Tous semblent s'accorder sur ce point: l'annonce. aux aurores de l'année 1954, de la création prochaine de la Fïrst Church of Scientologie, était guidée par des intérêts parfaitement prosaïques. «Le fait est que Hubbard avait des problèmes depuis plusieurs années avec l'AMA et PIRS [l'American Médical Association et le fisc américains], et devenir une églse était un moyen d'éviter ces problème[1], écrit Bent Corydon, qui précise en outre que, ironiquement, les adeptes croient aujourd'hui sincèrement que la scientologie est leur religion, tandis que «C'est seulement parmi les membres de la hiérarchie de l'Eglise (ceux qui entourent Hubbard) que les actions et les attitudes trahissent clairement le fait que nous avons affaire à une entreprise lucrative[2]».

La preuve que la transformation de la Scientologie en religion était motivée par les intérêts de Hubbard fut apportée, selon Jon Atack, lors du Procès Armstrong: «Le 10 avril 1953. Hubbard envoya un courrier d'Angleterre à Helen O'Brien. qui venait juste de prendre en charge le management de la Scientologie aux Etats-Unis, lui disant qu'il était temps de passer d'une image médicale vers une image religieuse.

Ses objectifs étaient d'éliminer toutes les autres thérapies. pour sauver son organisation du naufrage, et, indiquait candidement Hubbard, pour faire une bonne opération financière[3]». «Devenir une religion plutôt qu'une psychothérapie était une question purement commerciale[4]» pour Hubbard, poursuit Atack, qui conclue qu'«En dépit des déclarations de Hubbard. la Scientologie et la Dianétique sont définitivement une entreprise commerciale, une organisation lucrative, mise sur pied par Hubbard pour son enrichissement personnel[5]».

Russell Miller, auteur de la biographie la plus célèbre de Ron Hubbard[6], nous apporte quelques précisions concernant le contexte du glissement vers le religieux - en commençant par préciser que Hubbard y pensait déjà, non pas début 1954 comme l'indiquait Corydon, mais dès l'automne 1953. Dans son texte, Miller va d'abord dans le sens des autres auteurs en rappelant les motivations à la fois financières de la démarche hubbardienne — « les églises bénéficiant d'avantages fiscaux substantiels[7]» —, et pratiques puisque Ron Hubbard estimait «que le statut rendrait la Scientologie moins vulnérable aux attaques de ses ennemis [8]».

«En outre. précise-t-il toutefois, la conjoncture était favorable: les Etats-Unis connaissaient un renouveau de religiosité, perceptibles par exemple dans les croisades de l'évangéliste Billy Graham[9]»: et Miller de conclure: «Hubbard s'empressa donc de sauter dans le train en marche[10]» - habile à sentir les mouvements de fond de l'opinion, et soucieux de privilégier ses intérêts. Hubbard manigança donc la métamorphose de son organisation en religion. A partir de cette toile de fond commune à tous les auteurs, les études journalistiques ou universitaires proposèrent des variantes et des approfondissements. Hopkins, en 1969. parvint à sortir du débat «religion / pas religion». ou «religion / secte», en posant une question parallèle: «Scientologie, religion ou racket ?».

Désormais. comme le résume Benjamin Beit-Hallahmi de l'Université de Haifa, en Israël, deux opinions opposées s'affrontent à propos de la Scientologie: «La première. que la plupart des universitaires des NMR (Nouveaux Mouvements Religieux, NRM ou NMR) épousent, ainsi que quelques décisions judiciaires ou administratives, c'est que la scientologie est une religion, peut-être incomprise et innovante, mais ce serait néanmoins une religion méritant notre attention universitaire. La seconde. qu'on découvre presque partout dans les médias, dans certains rapports gouvernementaux de divers pays. et dans nombre de décisions administratives et juridiques, c'est que la scientologie est une entreprise, à qui l'on accorde nombre d'actions criminelles, entreprise se déguisant parfois en religion[11]».

Dans cet article richement documenté. Beit-Hallahmi propose d'interroger le consensus touchant à la dimension strictement lucrative de la Scientologie en vingt-six points; il parcourt les termes dudit consensus – dont il confirme les principaux éléments en s'appuyant sur les textes internes à l'organisation scientologue: la Scientologie y apparaît comme une entreprise laïque, scientiste et mercantile, hostile à la loi, entièrement dévouée à l'unique but déterminé par le fondateur, le profit.

Ce but est, pour Beit-Hallahmi comme pour les biographes précités, ainsi que pour nombre de journalistes et d'universitaires, ce qui motiva précocement le tournant religieux de l'organisation hubbardienne: «Motif de cette soudaine conversion ? Pendant les années 50 à 53, avant la Grande Conversion. Hubbard subissait des hauts et des bas et cherchait désespérément à réorganiser et relocaliser son système». Comme Wallis, qu'il cite à diverses reprises et à qui l'on doit des travaux sur la Scientologie qui firent date. Beit-Hallahmi incline à penser que «le motif des changements majeurs dans l'historique scientologîque, c'est la finance».

Si nous adhérons aux conclusions communément admises qui forment par ailleurs le cœur des analyses de Beit-Hallahni, à savoir que la Scientologie est une entreprise laïque, scientiste et réfractaire aux lois de la cité. qui a accumulé depuis sa naissance d'énormes profits, nous y porterons toutefois d'abord une nuance: le profit ne nous parait pas être le but de la Scientologie; et ensuite une récusation: nous rejetons le postulat selon lequel les infléchissements idéologiques et les tournants historiques de cette organisation ne s'enracinent que dans des considérations financières.

Pour motiver à la fois cette nuance et la rejet de la position de Wallis. il nous faut envisager cette organisation selon un autre abord — par lequel s'ouvrira la voie de l'analyse latérale dans laquelle nous allons tout de suite nous engager: sa dimension totalitaire.

II. ...OU ORGANISATION TOTALITAIRE...

En février 1951. Hannah Arendt publie Les origines du totalitarisme. oeuvre monumentale dans laquelle elle entreprend d'explorer le long processus et Les trois piliers de l'enfer[12] - antisémitisme. impérialisme et racisme - qui ont permis l'éclosion dans la première moitié du XXème siècle, de cette forme radicalement nouvelle de domination qu'est selon elle le totalitarisme.

Malgré des réticences ponctuelles de certains intellectuels à l'égard des travaux de Arendt - notamment S. Zizek, qui envisage le concept arendtien de «totalitarisme» comme un «antioxydant idéologique» de l'idéologie social-démocrate -, ses réflexions, bien souvent vives et quoique non dépourvues d'émotions, nous paraissent rester d'une acuité qui semble à l'épreuve du temps.

Nous ne motiverons pas dans ce travail, notre choix d'emprunter ce concept de totalitarisme issu du domaine politologique pour le transposer dans celui de l'analyse du phénomène sectaire: nous déborderions du cadre limité dans lequel il s'inscrit. Piochons pour l'instant chez la philosophe les outils à partir desquels nous souhaitons réarticuler la réflexion sur l'Eglise de Scientologie, et voyons tout de suite en quoi consiste la structure totalitaire et ce qu'elle parvient, par sa radicale nouveauté, à mettre sur pied. «Les formes de l'organisation totalitaire, indique Arendt dans les premières pages de son texte sur Le totalitarisme, contrairement à leur contenu idéologique et aux slogans de la propagande sont complètement nouvelles.

Elles sont destinées à traduire les mensonges de la propagande, ourdis à partir d'une fiction centrale - la conspiration des juifs, ou des trotskistes, ou des deux cents famille, etc. - , en une réalité agissante; à édifier, même dans des circonstance non totalitaires, une société dont les membres agissent et réagissent conformément aux règles d'im monde fictif[13]. Pour penser ce monde fictif radicalement nouveau et imperméable au monde extérieur. Arendt a proposé en 1956 l'image - a priori surprenante - qui lui semble tracer les contours du gouvernement et de l'organisation totalitaires: «la structure en oignon[14]».

Selon cette image promue par elle dans la continuité de ses travaux sur le totalitarisme, il nous faut concevoir une organisation complexe dans laquelle chaque strate,chaque «pelure». protège le centre de l'oignon en filtrant et en amortissant l'impact de la réalité extérieure. depuis la façade externe constituée d'adeptes en contact avec le public jusqu'aux initiés des niveaux supérieurs en contact avec le centre pulsatif de la communauté: «les organisations de façade, précise Arendt, entourent les membres du mouvement d'un mur protecteur qui les sépare du monde extérieur, du monde normal; en même temps, elles constituent avec cette normalité un trait d'union sans lequel les membres [...], sentiraient de façon trop aiguë les différences qui séparent leurs croyances et celles des gens normaux, leurs propres fictions mensongères et la réalité du monde normal[15]».

Parallèlement, le cœur du mouvement totalitaire - par exemple, pour le cas de la Scientologie, les «niveaux secrets» de l'initiation dans lesquels nous retrouvons l'ahurissante histoire de Xénu qui compose la formation de niveau OT III, «Le mur du feu» -, ce moment de folie qui n'est généralement accessible qu'aux grands initiés, est progressivement dilué à mesure que l'on passe du centre de l'organisation vers l'extérieur, des grands initiés vers les associations de façade qui diffusent un message recevable polir les non initiés: «L'ingéniosité de cette technique tient à ce que les organisations de façade ne se contentent pas d'isoler les membres, mais leur offrent un semblant de normalité extérieur qui atténue le choc de la vraie réalité plus efficacement que la simple doctrine».

L'ingéniosité de cette configuration apparaît encore plus nettement sous la plume de Hannah Arendt lorsqu'elle précise, quelques années après la parution de sa trilogie sur Les origines du totalitarisme, que «Toutes les parties extraordinairement multiples du mouvement: organisations de façade, diverses sociétés professionnelles, membres et hiérarchie du parti, formations d'élite et groupes de police, sont reliées de façon à ce que chacune forme d'un côté la façade et de l'autre le centre, c'est à dire joue le rôle du monde extérieur normal pour une couche et celui de l'extrémisme pour l'autre[16]».

Ces strates concentriques et bifaces sont soutenues et animées par le moteur situé au centre de la structure, d'où se répandent le pouvoir et l'impulsion au mouvement de l'ensemble de l'organisation, à savoir non pas exactement le Chef - notre analyse s'éloigne ici quelque peu de celle de Arendt -, mais le coeur de l'idéologie. c'est-à-dire, pour la Scientologie: la Technique (la «Tech», en langue scientologue) – dont l'unique interprète est le Chef. Ce dernier, comme l'a fort bien indiqué Arendt, «est coupé de la formation d'élite par le cercle intérieur des initiés qui répandent autour de lui une aura de mystère[17]».

Le pouvoir du chef totalitaire n'est, selon nos analyses, jamais aussi grand que lorsque celui-ci s'évanouit non pas en dehors du mouvement, mais encore une fois dans l'épicentre de celui-ci, dans cet «espace vide» qui le met en contact direct avec la «Source» – notion fondamentale de l'univers scientologique – de l'idéologie.

La Scientologie offre une claire illustration de cette hypothèse: ainsi, entre 1967 et 1975, lorsqu'il disparut dans les océans à bord d'une flottille de navires, puis de 1977 jusqu'à sa mort, Ron Hubbard, devenu pour ainsi dire invisible et immatériel, porta une ombre d'autant plus puissante sur son organisation que ses Messagers du Commodore – son cercle rapproché dont est issu David Miscavige, l'actuel chef du mouvement –, tout en diffusant ses messages techniques, élevaient autour de lui les voiles épais du silence.

De cette place centrale et brumeuse, le Chef est le lieu vers lequel convergent, par des réseaux de communication compliqués, toutes les organisations composant le mouvement global, le point où se nouent tous les fils; sans lui le mouvement se décomposerait en ses différentes parties: «Le Chef est irremplaçable, écrit encore Arendt, parce que toute la structure compliquée du mouvement perdrait sa raison d'être sans ses ordres[18]».

Les «ordres» dont il est ici question n'en sont pas vraiment: en premier lieu parce qu'ils impliqueraient une «autorité fixée et circonscrite[19]», qui nuirait à la dynamique du mouvement – rien, ainsi que l'a démontré Arendt et comme nous allons le voir dans ce travail, ne doit être fixe dans un mouvement totalitaire –; ensuite. parce que pour émettre un ordre, il faudrait se positionner à l'extérieur du mouvement – place où ne peut se trouver le chef d'un tel mouvement, dans la mesure où il est en son centre: «Quoi que fasse le chef – dans l'organisation totalitaire –, écrit Hannah Arendt, il le fait de i'intérieur et non de l'extérieur». Les ordres en question ne sont pas nécessairement clairement prononcés: ils sont du registre de la «volonté[20]» Les ordres du chef – «jamais en repos, dynamique[21]» -, laquelle volonté n'est autre que celle des membres du groupe. En système totalitaire, en effet, le chef incarne le groupe, avec lequel il forme, comme le pressentait le romancier E. Zamiatine dans son utopie totalitaire, un «puissant et unique organisme[22]».

Pour le comprendre, il nous faut ici indiquer que la division entre le Chef et les autres, dans les organisations totalitaires, est effacée: il n'est ni l'au-moins-un consistant, hétérogène au groupe, qui était caractéristique des monarchies. ni l'au-moins-un placé en position de radicale hétérotopie par rapport au groupe qui était l'indice des tyrannies, ni même l'au-moins-un homogène au groupe, mais élu par lui, c'est-à-dire élevé au rang d'autorité dans le but de le représenter, que l'on rencontre en démocratie représentative. Annihilant l'espace entre le lieu du pouvoir et le groupe, c'est le principe même de la représentation qui est annulé: «En lieu et place, écrit J.-P. Lebrun à propos du nazisme, ce sont les commandés dans leur ensemble qui deviennent les commandeurs par la voix de leur führer, qui n'est plus qu'un porte-parole, et cela dans la suppression de ce vide qui les sépare l'un de l'autre: [...] ici, l'Un sait l'Autre, il le dit à sa place, il est complètement au fait de son désir et à ce titre, exige d'ailleurs que tout devienne public[23]. D'où cette propension spontanée des organisations totalitaires à s'infiltrer dans tous les recoins de la vie des sujets pour en ramener les moindres parcelles au grand jour, que ce soit par les exigences de confessions, par les auditions dianétiques ou scientologiques, ou encore par les délations.

Ce que souhaitait Ron Hubbard, comme tout leader totalitaire, c'était éradiquer tout espace privé, toute hétérogénéité, tout repli intime dans la texture homogène, transparente et publique de la communauté. La pensée, dans cet espace homogène. ne doit donc plus ouvrir à une réflexion singulière, non prévue à l'avance.

Pour réaliser cette unicité complète, pour homogénéiser totalement le groupe, pour le fondre «en un seul corps aux millions de mains[24]», il est nécessaire qu'aucune parole prononcée ne relève de l'énonciation propre et individuelle, mais d'une récitation mécanique de quelques énoncés, de formules standards non pas du Chef, mais de la doctrine dont nous démontrerons qu'il n'est que l'interprète et le scribe.

C'est la raison pour laquelle la Scientologie a mis sur pied un système d'encadrement rigoureux, l'Ethique, mené par des instances disciplinaires spécifiques, les Comités d'Ethique: afin que les Ecrits et la Technique soient appliqués à la lettre, qu'ils ne soient ni modifiés, ni déformés par l'adepte - tronquer le texte ou les techniques scientolo-giques relève d'une faute grave (la «Tech verbale») et est à ce titre sévèrement punie. Au-delà de ces règles et de leur encadrement disciplinaire, la technique la plus redoutable pour parvenir à cette homogénéisation de la pensée des adeptes concerne le travail effectué directement sur le langage lui-même.

Pour atteindre la communauté parfaite de leur idéal totalitaire, les organisations telles que la Scientologie opèrent à la manière de Symes, le linguiste spécialiste en «novlangue» du roman de G. Orwell. 1984: en annihilant certains mots frappés d'interdit, en modifiant la signification de certains autres et en rabotant les mots restants jusqu'à l'os d'une signification unique - les trois opérations rendant impossible de penser en dehors du cadre de la doctrine officielle, puisque les mots qui permettraient cette pensée hérétique n'existent plus.

L'ensemble de ces modes de destruction de la langue vise à forger un langage ultra rationnel, en ne laissant subsister du langage commun que les mots techniques ramenés à la matérialité d'une définition unique - voire à une mise en suspens de toute possibilité de définition, puisque selon Paul Ariès, dans la langue scientologue, «Le signifié réel se dissout dans le signifiant du mot qui reste ainsi sans "accroche" réelle[25]».

Nous porterons dans un instant une modification discrète mais importante aux analyses de Ariès; conservons pour l'instant son hypothèse selon laquelle la langue totalitaire est ainsi appauvrie et rendue éminemment abstraite par son excès de rationalité. Dès lors, épurée de l'étendue lexicale et du florilège de significations de la langue non totalitaire, le langage de la scientologie ne se compose plus que de signifiants transmutés en signes: devenus univoques, les mots de la scientologie ne possèdent plus cette caractéristique propre au signifiant d'être disjoint du signifié et de ne permettre une signification (mouvante et instable, toujours exposée au glissement vers
d'autres signfications), qu'articulé à d'autres signifiants.

Les mots scientologues, en d'autres termes, ne sont plus définissables autrement que par eux-mêmes: devenus autoréférent, ils s'autodéfinissent, pour le dire à la façon scientologique[26]. Ce principe de l'autodéfinition des mots scientologues, auquel nous ajouterons l'utilisation systématique de néologismes, vont l'un et l'autre nous faire glisser dans le champ de la psychopathologie: la langue scientologue, avec son recours permanent aux néologismes, rappelle en effet par divers points celle du psychotique.

III. ...ET PARANOIAQUE...

L'une des solutions mises en œuvre par le psychotique après que son univers se soit effondré lors du déclenchement de sa psychose - dans ce moment crépusculaire, cette «fin du monde» qui occupe de vastes pans des Mémoires de D.-P. Schreber -, consiste en effet à rebâtir «l'univers, non pas à la vérité plus splendide, notait Freud, mais du moins tel qu'il puisse de nouveau y vivre[27]». En d'autres termes, en guise de «tentative de guérison[28]», le psychotique peut consacrer ses efforts, lorsqu'il en a les ressources, à la construction d'un délire.

Pour soutenir ses élaborations délirantes, les néologismes sont les points les plus sûrs qui s'offrent à lui. Le néologisme psychotique concentre un tel degré de certitude, possède un poids de vérité d'une telle densité, qu'il en devient intransposable dans le langage commun. Ce sont précisément ces caractéristiques qui rendent ces néologismes aptes à soutenir l'édification d'architectures quelquefois imposantes. la doctrine de Ron Hubbard, délirante par maints aspects, apparaît aspects reposer, à la manière d'un délire psychotique, sur une série de mots nécessaire relevant de la catégorie des néologismes caractéristiques de la structure psychotique.

Semblables, encore une fois, au langage des psychotiques, les mots de la langue scientologue paraissent ne plus relever du registre linguistique du signifiant, mais de celui, pathologique, non pas exactement du signe mais de l'holophrase: ils surgissent d'un collapsus, d'une copulation entre le mot et la chose, le premier ayant la capacité radicale non plus de représenter le second, mais d'en saisir le réel dans ses filets.

Nous pouvons maintenant apporter notre rectification à l'analyse de Paul Ariès: le signifié, dans le langage scientologique, n'est pas dissout dans le signifiant, puisqu'il y est entièrement contenu; dès lors, la spécificité du langage scientologique n'est pas de se composer de mots sans attaches réelles, mais de mots ayant pour ainsi dire phagocyté le réel, devenant ainsi l'unique réalité du monde des adeptes.

Tout le travail de destruction du langage mené dans les laboratoires linguistiques des orgainsations totalitaires vise d'ailleurs, de la même manière que les effets produits par l'effondrement psychotique, à annuler la béance entre la chose, le mot et le sujet qui le prononce: tous trois étant pris en masse dans le bloc monolithique de l'holophrase. Nous verrons à ce titre, dans le cours de nos analyses, ce qui fait le joint entre les principes langagiers qui ordonnent l'idéologie scientologique, et la doctrine de Alfred Korzybski - l'un des principaux inspirateurs de Ron Hubbard, qui lui permit, avec les éléments de base de sa doctrine de Sémantique Générale, de trouver les appuis nécessaires au soutien de la Dianétique.

Par la magie de son langage holophrastique, il n'y a plus de polysémie, donc plus de doute, dans le monde de la Scientologie: «l'holophrase, écrit dans ce sens le Pr. J.-C. Maleval, fait émerger un savoir dépourvu d'ambiguïté[29]». Chaque mot de la doctrine scientologique, taillé dans la matrice délirante de Ron Hubbard, vise à saisir très précisément la chose - sans ambiguïté, c'est-à-dire avec la certitude absolue que seule confère la paranoïa.

La Tech animant le mouvement de toute l'organisation hubbardienne, et cette langue singulière qui possède les caractéristiques du langage psychotique alliée à d'exceptionnelles capacités d'embrigadement pour tout sujet qui se laisse posséder par elle, ont été élaborées sur une période de trente années. En dépit des considérations développées jusqu'ici, qui pourraient donner l'impression qu'avec l'Eglise de Scientologie nous avons affaire à une entité aveugle quasiment abstraite, nous ne devons pas perdre de vue que ce mouvement sectaire est mû par la force perlocutoire de nombreux écrits. imprimés sur des milliers de pages, indices de la prolixité exubérante de l'écriture hubbardienne.

Or la démultiplication vertigineuse des énoncés régulant l'univers du groupe et le mouvement même de la scientologie alimentent leur dynamique à une source unique, un oubli fondateur qu'ils partagent avec la science moderne: l'oubli que ce qui a produit ces énoncés, «c'est un bricolage, une confrontation avec un réel, une énonciation, un sujet[30]». Il ne s'agira donc pas. dans ce travail préliminaire à la réflexion que nous souhaitons poursuivre en thèse de doctorat, de nier l'intervention subjective initiale qui donna son impulsion à la secte et traça les coordonnées de sa trajectoire: bien au contraire, puisque c'est à ce bricolage que nous allons nous intéresser dès la première partie de ce travail: à la Source de la doctrine, ou plutôt à son scribe, voire à l'«agent de transmisssion des connaissances[31]» scientologues, Lafayette Ronald hubbard - qui retiendra notre attention pour une double raison.

Tout d'abord parce que la doctrine dianético-scientologique est «l'œuvre d'un seul homme», son œuvrre à lui, comme il se plaisait à le rappeler à son entourage: «c'est l'entreprise personnelle et l'héritage d'Hubbard, précise en ce sens Beit-Hallahmi, toute explication sur sa nature et son développement se devant de commencer par ce fait patent». Ensuite parce que, en écho de ces propos de Beit-Hallahmi, nous postulons que la structure et la dynamique interne du mouvement scientologique ne peuvent s'éclairer que dans le détour par l'analyse de son principal artisan. Nous transposerions volontiers sur Ron Hubbard les propos de Mark Z. Danielewski à propos du monstre énigmatique de sa monumentale Maison des feuilles: quoique généralement oubliée derrière les exactions de sa création. «Son individualité est imperceptible, et comme la face cachée de la lune, elle est invisible mais non dépourvue d'influence.[32]»

IV. ...FONDÉE PAR UN PSYCHOTIQUE ?

Hubbard, invoquant sa formation d'ingénieur[33], ne cessa, dès les prémisses de ce qui deviendrait la Scientolgie, d'en appeler à la scientificité de sa démarche et du produit qui en a résulté. Nous verrons qu'entre la vérité historique, factuelle, concernant sa vie et ses formations universitaires, et la réécriture de celles-ci par les officines scientologues, il y a un gouffre... de mensonges. selon Beit-Hallahmi qui cite pour appuyer son accusation les paroles de Paul G. Beckenridge Jr., juge à la court supérieure de Los Angeles: «Les preuves nous montrent le portrait d'un homme qui fut virtuellement un menteur pathologique à propos de son passé, de ses crédits et de ses actions.»

Le «gourou», pour J.-M. Abgrall, escroc, manipulateur et pervers, tend sciemment sur tous les aspects de sa vie une nasse de fabulations qui fait que, «pris dans le piège de ses mensonges et conforté dans ceux-ci par ses adeptes. [il] ne parvient plus à faire la part du vrai et du faux.[34]» Tantôt paranoïaque, tantôt psychopathe, le fondateur apparaît chez Beit-Hallahmi aussi bien que chez Abgrall auréolé d'égoïsme et de tromperie – voire de «manque de cœur», chez l'universitaire israélien. «Le psychopathe, nous enseigne-t-il au passage, peut être équilibré et doté d'une logique, mais il ment facilement si ça arrange ses affaires. Grâce à ses aptitudes sociales développées et à sa conscience sous-développées [!] il peut facilement rouler les autres et ne ressent ni culpabilité ni remords».

Quoique leurs allégations concernant leur fidélité méthodologique à la démarche de la science expérimentale fussent manifestement fausses, le leader et ses premiers collaborateurs s'escrimèrent à nous assurer que la science du mental n'était pas une oeuvre de création fantaisiste[35], mais qu'elle était le fruit des nombreuses expériences menées par Ron Hubbard durant les dix aimées qui précédèrent l'élaboration de la Dianétique: «Il a fallu, écrit-il par exemple en ouverture du premier ouvrage de sa doctrine, de nombreuses années de recherches rigoureuses et d'expériences minutieuses pour parvenir aux découvertes qui ont permis d'énoncer les principes et les techniques de Dianétique[36]». Faut-il ne voir là que mensonges et tromperie ?

Pourquoi, après tout, ne pas convenir de la sincérité de ces assertions, renouvelées à chaque étape de l'élaboration de sa «science du mental» ? Pourquoi ne pas admettre qu'au fondement de sa doctrine, masquées aux regards des observateurs extérieurs, il pût y avoir, de fait, certaines expériences singulières menées – ou subies – sur une longue période par Ron Hubbard ? Un simple regard sur ses biographies indique en tous cas clairement que la construction de cette doctrine occupa une portion congrue de son temps, après qu'il eut été libéré de ses obligations militaires en 1945. L'idéologie qu'elle développe, autant que l'organisation qui en a résulté, étalent d'ailleurs sous le regard du chercheur les fragiles solutions bricolées par Ron Hubbard pour sortir du labyrinthe immense et complexe dans lequel il fut précipité à son retour de la seconde guerre mondiale.

Cette quête minutieuse, de toute évidence, ne se conforma pas aux canons de la recherche scientifique; elle fut plutôt menée, ainsi que l'écrivit A.E. Van Vogt dans son autobiographie, par un «homme extrêmement brillant quoiqu'il ne fut pas vraiment un chercheur dans le sens ordinaire du terme[37]». De nombreux éléments de la doctrine scientologique, généralement laissés de côté dans les travaux traitant de cette secte, évoquent, au principe de la Dianétique, une expérience intensément douloureuse: c'est à cette longue expérience hypocondriaque, qui accapara l'attention de Ron Hubbard durant les trois années durant lesquelles il élabora les fondements de sa doctrine, que nous allons principalement nous intéresser.

Notre hypothèse principale, qui soutient toute notre démarche, est que cette doctrine et l'organisation à laquelle elle a donné lieu résultent du déclenchement de la psychose de L. Ron Hubbard au début des années 1940. Elles reflètent d'ailleurs les diverses «tentatives de guérison» et de remises en ordre du monde élaborées par Ron Hubbard lors de chacun des vacillements qui succédèrent à son effondrement psychotique.

Née des désordres inauguraux de cette expérience exceptionnelle, la Scientologie en conservé les traces tant dans sa doctrine que dans son organisation et son fonctionnement: c'est à ces traces que sont liées selon nous les revirements doctrinaux qui émaillèrent l'histoire de la Scientologie – et non, sinon dans une moindre mesure, à la vorace vénalité de l'organisation. C'est en tout cas à partir de ces traces inscrites dans les écrits de Ron Hubbard, et sous l'éclairage apporté par la théorie psychanalytique de la psychose, que nous nous proposerons de reprendre à nouveaux frais l'analyse de cette secte. Nous nous intéresserons ainsi. outre les troubles hypocondriaques inauguraux qui furent la source de la Dianétique, aux désordres langagiers qui imprimèrent leur logique tant à la doctrine hubbardienne qu'à la structure de son groupe.

V - LA SCIENTOLOGIE ENVISAGÉE COMME UN DÉLIRE PSYCHOTIQUE

Pour saisir la trame logique, quelquefois délirante, qui guide le mouvement scientologue, nous nous proposons d'examiner le discours scientologique à partir d'une séquence de questions qui nous servira de fil conducteur.

Commençons par la plus immédiate et la plus complexe de ces questions, d'où découlent toutes les autres: qu'est-ce que l'Église de Scientologie ? S'il ne s'agit pas, contrairement à ce que prétendent certains universitaires, d'une nouvelle religion, avons-nous affaire pour autant à une entreprise transnationale strictement commerciale, comme le supposent, nous l'avons vu, de nombreux experts, voire à une vaste escroquerie, ainsi que l'a démontré Arnaud Palisson dans sa thèse de droit pénal[38]?

Cette série de questions, trame de fond de l'ensemble de ce travail, courra tout au long de notre réflexion sur cette secte – dès notre Première partie, qui sera consacrée à l'analyse de l'effondrement psychotique de Ron Hubbard, complétée par l'étude de la solution délirante qu'il élabora entre 1945 et 1947. Cette première solution systématique et riche en trouvailles originales, sera publiée sous la forme d'une doctrinepsychothérapeutique comme sous le nom de «Dianétique». L'étude de ce premier livre, fondateur de ce qui deviendrait l'Eglise de Scientologie, se poursuivra dans notre Deuxième Partie, laquelle sera consacrée à l'examen minutieux de la doctrine hubbardienne, depuis la Dianétique, technique thérapeutique, jusqu'aux prémisses de la Scientologie, son versant «spirituel», dont l'élaboration débuta deux années plus tard et se poursuivit durant près de trente ans.

L'analyse du discours de Ron Hubbard, ses inflexions, ses retournements et les nombreuses influences qui s'y donnent à lire – depuis la cure cathartique de Joseph Breuer et Sigmund Freud jusqu'à la sémantique Générale d'Alfred Korzybski – nous mèneront à deux hypothèses: tout d'abord à notre hypothèse selon laquelle les présupposés du Livre Un (Le livre de la dianétique. ndlr) appelaient une suite dont il était possible d'anticiper la tonalité «spirituelle»: la «religion» scientologique était, selon nous, déjà contenue en négatif, en creux, dans la «thérapie» dianétique, ensuite au postulat central concernant le fondateur et sa doctrine, qui guide toute notre réflexion et qui sera longuement dépliée dans le Second chapitre de notre Deuxième partie, à savoir que le mouvement scientologique s'enracine profondément dans la psychose de Ron Hubbard.

Par une analyse rigoureuse, appuyée sur des arguments théoriques issus du champ psychanalytique, eux-mêmes illustrés par le «trésor clinique» de la psychiatrie classique, nous relèverons dans le phénomène scientologique les articulations du montage délirant élaboré par L.Ron Hubbard pour tempérer les effets du déclenchement de sa psychose survenue à l'occasion de son engagement dans la guerre de 1939-1945.

Le long cheminement de la doctrine, entre les premiers balbutiements de la Dianétique et les errements de la Scientologie, nous engagera vers l'hypothèse dune construction délirante en perpétuelle quête du «fondement de toute certitude[39]». Cette quête ne trouvera, selon nous, l'apaisement qu'à la fin des années 1960, lorsque la fiction scientologique sera clôturée et colmatée avec la mise en place des niveaux d'initiation secrets menant à la position de «Thétan Opérant[40]». Après l'examen des écrits principaux formant l'armature de l'organisation, nous nous pencherons sur les indices de la structure psychotique de Ron Hubbard - vacillements de ses pares-psychoses suppléantes à ces vacillements -, lisibles dans sa biographie et nouées à son écriture dès avant sa décompensation.

Nous interrogerons pour finir les présupposés qui guident les travaux de référence sur cette secte, qui nous semblent rater leur objet en se laissant emporter dans des raisonnements à tonalité plus ou moins discrètement conspirationniste, traversés quelquefois par le spectre de la perversion du fondateur. A l'horizon de ces diverses réflexions, dans les entrebâillements de leurs discours, nous verrons percer les indices ténus de la phobie qui leur donne leur dynamique, faisant de la secte un objet d'horreur: nous terminerons ce travail par une réflexion sur les motivations inconscientes de cette horreur qui s'attache à la secte depuis un demi siècle.

Ce travail nous permettra de découvrir que Hubbard n'était pas pervers – cliniquement parlant, du moins. Il ne sera donc pas question ici. on le voit déjà à cette esquisse de plan, d'aborder cette entité sectaire comme une simple escroquerie[41], voire comme une supercherie doctrinalenient pauvre, échafaudée dans l'unique but de manipuler des «gogos[42]». Nous l'envisagerons au contraire, à la manière freudienne, comme une comme une «tentative de guérison[43]»: une imposante et tentaculaire construction délirante, fragile et instable, quoique souvent ravageante pour qui s'y engage.


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1. Corydon Bent, L. Ron Hubbard, Messiah or madman ?, Fort Lee, Barricade Books Inc., 1992, p.230 ?
2. Ibid. ?
3. Jon Atack, A piece of blue sky, New York, Carol Publishing Group, 1990, p138 ?
4. Ibid. ?
5. Ibid. p.143 ?
6. Russell Miller, Le gourou démasqué, Paris, Plon, 1994 ?
7. Ibid. p. 131. ?
8. Ibid. ?
9. Ibid. ?
10. Ibid. ?
11. Hallahmi. B., «Scientologie, Religion ou racket ?», in Marburg Journal of religion. Vol.8, Nº 1, Sept 03, Haïfa ?
12. Titre provisoire de sa trilogie. Cf Arendt- H., Les origines du totalitarisme, Eichmann à Jérusalem, Paris, Gallimard 2002, p.126. ?
13. Arendt, H.,«Le totalitarisme», in Les origines du totalitarisme, Paris, Gallimard, 2002, p.686. ?
14. Arendt. H., «Autorité, tyrannie et totalitarisme». Ibid., p.889. ?
15. Arendt, H., « Le totalitarisme », Ibid., p.689. ?
16. Arendt, H., «Autorité, tyrannie et totalitarisme». Ibid., p.889. ?
17. Arendt, H., Le système totalitaire, Paris, Seuil, 2005, p.141. ?
18. Ibid_, p.142. ?
19. Arendt, H., «Le totalitarisme», op.cit., p.687. ?
20. Arendt, H., «Qu'est-ce que l'autorité ?», in La crise de la culture, Paris, Gallimard, 1972, p.131. ?
21. Arendt, H., «Le totalitarisme», op.cit-, p.687. ?
22. Zamiatine, E., Nous autres, Paris, Gallimard, 2002, p.26. ?
23. Lebrun, J.-P., Un monde sans limite, Toulouse, Erès, 2001, p. 98. ?
24. Ariès, P., La Scientologie, La boratoire du futur ?, Lyon, Golias, 1998, p.221. ?
25. «S'autodétenninent », diraient les scientologues. ?
26. Zamiatine, E., Nous autres, Paris, Gallimard, 2002, op. cit. ?
27. S. Freud, «Remarques psychanalytiques sur l'autobiographie d'un cas de paranoïa: Dementia Paranoides (Le président Schreber)». in Cinq psychanalyses, Paris, PUF, 1997, p.315. ?
28. Ibid. ?
29. Maleval, J.-C., La forclusion du Nom-du-Père, Paris, Seuil, 2000, p-256. ?
30. Ibid- p.67. ?
31. Lefort, C., «Formation et autorité, l'éducation humaniste». in Ecrire, à l'épreuve du politique. Paris, Calmann-Lévy, 1992, p.222. ?
32. Danielewsky, M.Z., La maison des feuilles, Paris, Denoël, 2002, p.365. ?
33. Nous verrons dans notre Première partie ce qu'il en est de cette formation. ?
34. Abgrall, J.-M., La mécanique des sectes, Paris, Payot. 1996, p.65. ?
35. «It's not an hoax», assurera J.-W. Campbell dam un éditorial voué à la présentation de la première publication de la Dianétique, cf Campbell, J.-W., « Concerning Dianetics », in Astounding Science Fiction, Vol. VII N°10, British Edition, June 1951, p.2. ?
36. Hubbard, L.R., La Dianétique, La puissance de la pensée sur le corps, Copenhague, New Era Publication International ApS, 2003. p. 1. ?
37. Cité dans Corydon, B., L. Ron Hubbard, Messiah or madman ?, op.cit., p.295. ?
38. Palisson, A., Grande enquête sur la Scientologie, Lausanne, Favre, 2003.?
39. Fondement à propos duquel Sophie de Mijolla-Mellor précise qu'il s'agit de la mère - du moins en va-t-il ainsi, selon son analyse, pour Agatha Christie. Nous verrons, de notre côté, ce qu'il en est dans le cas de Ron Hubbard - dont la psychose le distingue certainement de Christie. Cf, Mijolla-Mellor, S.(de), Un divan pouf-Agatha Christie, Le Bouscat, L'esprit du temps, 2006, p.26. ?
40. Nous n'aborderons pas ici, pour des raisons tenant essentiellement au format de ce travail, l'analyse de la Scientologie proprement dite, ni, partant, des «niveaux secrets»: ils feront sous peu l'objet d'une réflexion approfondie sur l'ensemble de l'Eglise de Scientologie. ?
41. Ce qu'elle est, par ailleurs, certainement, d'un point de vue strictement pénal. ?
42. Lenzini J. Vol au-dessus d'un raid de gourous. op.cit. ?
43. Freud. S. «Remarques psychanalytiques sur l'autobiogniplie d'un cas de paranoïa: Dementia Paranoïdes (Le président Schreber)». op.cit. ?

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